
En mission officielle en Suisse, le Ministre de la Santé Publique du Cameroun, Manaouda Malachie, a activement pris part ce jour aux 28èmes Rencontres francophones de la Santé organisées conjointement par Leem et Organisation internationale de la Francophonie autour du thème : « Innovation mondiale : les nouvelles cartes de la santé ».
Ces assises de haut niveau, tenues à l’InterContinental Genève, ont réuni décideurs publics, représentants d’organisations internationales, industriels du médicament, chercheurs et experts de santé venus de plusieurs pays de l’espace francophone.
Pour cette importante rencontre stratégique, le Ministre camerounais était accompagné de S.E. Salomon Eheth, Ambassadeur et Représentant permanent du Cameroun auprès de l’Office des Nations Unies, de l’OMS et d’autres institutions internationales basées à Genève.
Une voix africaine forte pour l’équité sanitaire
Prenant la parole au cours des échanges, le Dr MANAOUDA Malachie a livré une intervention remarquée, articulée autour de la nécessité de bâtir une innovation sanitaire réellement inclusive et accessible à tous.
Le membre du gouvernement camerounais a notamment mis en garde contre le risque de voir l’innovation médicale creuser davantage les inégalités mondiales en matière de santé.
« L’innovation ne peut être considérée comme une avancée mondiale si elle reste inaccessible à une grande partie de l’humanité », a-t-il déclaré, appelant à éviter que les progrès technologiques deviennent « un facteur supplémentaire de fracture entre les pays ».
Dans un plaidoyer empreint de responsabilité et de justice sociale, le Ministre a rappelé que l’Afrique ne sollicitait pas la charité, mais revendiquait un accès équitable aux innovations scientifiquement validées, particulièrement lorsqu’il s’agit de technologies vitales destinées aux enfants ou à la prise en charge des maladies chroniques.
Le cas du diabète de type 1 chez l’enfant évoqué
Illustrant concrètement son propos, le Ministre de la Santé Publique a attiré l’attention de l’assistance sur la situation des enfants africains vivant avec un diabète de type 1, dont plusieurs demeurent privés d’accès aux systèmes de mesure continue du glucose (CGM), devenus pourtant standards dans les pays développés.
Ces dispositifs innovants permettent un suivi glycémique permanent sans piqûres répétitives et ont considérablement réduit les cas de comas diabétiques dans plusieurs régions du monde.
Pour le patron de la santé camerounaise, cette disparité soulève une véritable question éthique sur l’équité dans l’accès aux technologies médicales essentielles.
Pour des partenariats plus équilibrés
Au-delà du constat, le Dr MANAOUDA Malachie a plaidé en faveur d’un nouveau modèle de partenariat entre les États, l’industrie pharmaceutique, les organisations internationales et les sociétés savantes, fondé sur la responsabilité sociale et la justice sanitaire mondiale.
Il a également insisté sur la nécessité de construire dans l’espace francophone de véritables écosystèmes de co-développement de l’innovation, intégrant la recherche clinique, la production locale, le transfert de technologies, la formation des talents et des mécanismes adaptés de financement.
Le Cameroun disposé à contribuer
Réaffirmant l’engagement du Cameroun dans cette dynamique, le Ministre a indiqué que le pays entend jouer pleinement sa partition à travers l’amélioration des cadres réglementaires, le développement de la recherche, les partenariats académiques et hospitaliers ainsi que le renforcement des capacités locales.
Cette participation active du Cameroun aux Rencontres francophones de la Santé marque ainsi le début soutenu de la mission suisse du Ministre de la Santé Publique, placée sous le signe du dialogue international, de la coopération et du plaidoyer pour une santé mondiale plus humaine, plus juste et plus solidaire.
Par Clavère NKEN, Chef CELCOM MINSANTÉ
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.