Santé numérique le Cameroun accélère l’interconnexion de ses systèmes d’information sanitaires /

Santé numérique le Cameroun accélère l’interconnexion de ses systèmes d’information sanitaires

Publié le 03 Nov 2026  

Réunis à Kribi du 27 au 31 octobre 2026, les acteurs de la santé numérique ont travaillé à la consolidation de la plateforme nationale d’interopérabilité, aux échanges de données et à la finalisation d’un dispositif d’accréditation des logiciels de santé. Objectif : décloisonner les systèmes, sécuriser les données et améliorer la décision sanitaire.

L’interopérabilité désigne la capacité de différents systèmes informatiques à échanger des données et à les exploiter correctement. Dans la santé, elle doit permettre qu’une information soit saisie une seule fois, puis réutilisée par les systèmes autorisés, afin de réduire les doubles saisies et faciliter le travail des professionnels.

Plusieurs initiatives sont engagées, notamment entre le BUNEC et le secteur de la santé pour la déclaration des naissances, entre les dossiers médicaux électroniques et DHIS2, ainsi que dans le cadre de la Couverture santé universelle (CSU).

Pour coordonner ces projets, une infrastructure commune a été mise en place. Un serveur dédié, acquis dans le cadre d’un financement consacré à l’interopérabilité dans plusieurs pays, a été installé à la CAMTEL. Des outils d’échange, notamment OpenHIM et OpenFn, y ont également été déployés. La plateforme accueille déjà des cas d’utilisation, notamment dans la CSU, avec l’interconnexion des systèmes d’enrôlement et de facturation.

À Kribi, les travaux ont porté sur la convergence progressive d’autres projets vers cette infrastructure. Tous les systèmes ne sont pas encore interconnectés. Des échanges fiables nécessitent des règles communes. Les équipes ont renforcé leurs capacités sur les principes de l’interopérabilité, les outils techniques et les standards internationaux, notamment HL7 FHIR.

L’atelier a aussi porté sur l’actualisation de la cartographie des systèmes existants et la pré-validation d’un cadre d’interopérabilité révisé, en cohérence avec le Plan stratégique national de santé numérique 2026-2030. Les systèmes concernés comprennent ceux de la CSU, le SIGEC, les dossiers médicaux électroniques tels que Bahmni, DHIS2, le registre VIH et les référentiels des formations sanitaires.

Autre chantier marquant, la finalisation d’un dispositif d’accréditation des logiciels de santé. Il doit vérifier leur conformité technique et fonctionnelle aux standards retenus et leur capacité à communiquer avec les autres systèmes, avant leur intégration dans l’écosystème national.

Ce mécanisme vise à mieux encadrer les solutions et à clarifier les responsabilités.

Les groupes ont identifié les connexions prioritaires et préparé des feuilles de route précisant budgets, responsabilités et étapes. La cartographie et le cadre révisé ont aussi été examinés.

L’enjeu est désormais de concrétiser les priorités. À terme, l’interconnexion doit faciliter l’accès des professionnels autorisés aux informations nécessaires, limiter les doubles saisies et renforcer la disponibilité de données fiables pour le suivi des activités et la décision publique.

 

OROCK Audrey/ Minsante-Celcom

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