
La cérémonie officielle de publication des résultats synthèse de l’Enquête nationale sur l’évaluation de l’impact du VIH au Cameroun (CAMPHIA 2024-2025) s’est tenue ce lundi 07 juillet 2026 à Yaoundé, sous la présidence du Ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie.
Cette cérémonie a permis de présenter les principales données issues de cette enquête d’envergure nationale, destinée à mesurer l’impact du VIH dans la population, à évaluer les progrès réalisés dans le contrôle de l’épidémie et à orienter les politiques publiques en faveur d’une riposte plus efficace.
Mise en œuvre à l’initiative du Gouvernement camerounais, avec l’appui technique et financier du Gouvernement des États-Unis à travers le PEPFAR, cette deuxième édition de CAMPHIA visait notamment à estimer la prévalence et l’incidence du VIH, à évaluer la suppression de la charge virale chez les personnes vivant avec le VIH et à mesurer les progrès accomplis par le Cameroun vers l’atteinte des objectifs mondiaux 95-95-95 de l’ONUSIDA.
Dans son allocution, le Ministre de la Santé Publique a rappelé que la publication des résultats de CAMPHIA constitue bien plus qu’une restitution technique. Elle représente un moment où les données scientifiques permettent d’évaluer les progrès accomplis, d’identifier les défis persistants et d’ajuster les stratégies nationales afin de concentrer les ressources là où les besoins sont les plus importants.
Les résultats de l’enquête traduisent des avancées encourageantes dans la lutte contre le VIH au Cameroun. La prévalence nationale est estimée à 3,0 % chez les personnes âgées de 15 ans et plus, soit environ 501 000 personnes vivant avec le VIH. L’incidence annuelle s’établit à 0,13 %, correspondant à près de 21 000 nouvelles infections chaque année. Parmi les adultes vivant avec le VIH, 77,1 % connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 96,4 % bénéficient d’un traitement antirétroviral, tandis que 95,0 % des personnes sous traitement ont atteint une suppression de la charge virale, un résultat qui contribue à améliorer leur état de santé tout en réduisant le risque de transmission du virus.
Réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025, l’enquête a couvert près de 15 000 ménages et permis d’interroger environ 27 000 adultes sur l’ensemble du territoire national. Elle a également permis de recueillir des informations sur les comportements, les connaissances des populations, l’accès aux services de prévention et de prise en charge ainsi que les principaux déterminants de l’infection à VIH.
Les données montrent également que le Cameroun a atteint le deuxième et le troisième objectifs mondiaux « 95-95-95 », relatifs à la mise sous traitement des personnes diagnostiquées et à la suppression de la charge virale. En revanche, le premier objectif, qui vise à faire en sorte que 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, reste un défi majeur. Cette situation souligne la nécessité d’intensifier les stratégies de dépistage, en particulier auprès des hommes, des adolescents, des jeunes adultes et des populations difficiles à atteindre.
Sous la Très Haute impulsion du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, le Gouvernement poursuit ses efforts pour faire de la lutte contre le VIH une priorité de santé publique. Ces actions se sont traduites par l’élargissement de l’accès au dépistage, le renforcement de la prévention de la transmission mère-enfant, l’amélioration de la prise en charge communautaire ainsi que la gratuité des services liés au VIH depuis 2020.
Poursuivant son propos, il a insisté sur la nécessité de maintenir la dynamique afin de préserver les acquis et d’accélérer les progrès vers l’élimination du VIH comme menace de santé publique. Il a notamment appelé au renforcement des approches communautaires, au développement de la santé numérique, à l’amélioration du suivi des patients et à une lutte plus soutenue contre la stigmatisation, qui demeure un obstacle à l’accès au dépistage et aux soins.
Au-delà des résultats présentés, CAMPHIA 2024-2025 laisse des acquis importants pour le système de santé camerounais. L’enquête a permis la constitution d’une base nationale de données, la mise en place d’une biobanque d’échantillons au Laboratoire national de santé publique, le renforcement des capacités des équipes nationales d’enquête ainsi que l’accréditation du laboratoire du Centre International de Référence Chantal Biya (CIRCB), selon les standards de l’OMS et du CDC pour la réalisation d’analyses de haute qualité.
L’occasion a également été saisie pour saluer l’engagement des partenaires techniques et financiers, notamment le PEPFAR, le CDC, les agences des Nations Unies, les organisations de mise en œuvre ainsi que les acteurs de la société civile, dont l’accompagnement reste déterminant dans la riposte nationale.
Une reconnaissance particulière a été adressée aux milliers de ménages qui ont accepté d’ouvrir leurs portes et de participer à cette enquête, ainsi qu’aux équipes de terrain, aux chercheurs et aux partenaires ayant contribué à sa réussite, rendant possible la production de données fiables au service de la santé publique.
En clôturant la cérémonie, un appel a été lancé à l’ensemble des acteurs de la riposte afin qu’ils s’approprient les résultats de CAMPHIA 2024-2025 pour renforcer l’efficacité des interventions sur le terrain. Ces données devront servir de boussole pour mieux orienter les politiques publiques, optimiser l’allocation des ressources et accélérer les progrès vers une génération sans sida au Cameroun.
OROCK Audrey / CELCOM / MINSANTÉ
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.