
L’Afrique centrale ne veut pas se laisser surprendre. Alors que la résurgence de la Maladie à Virus Ebola (MVE) en République Démocratique du Congo et en Ouganda suscite de vives préoccupations, les Ministres de la Santé des États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) ont tenu, ce 9 juin 2026, une réunion extraordinaire d’urgence afin d’harmoniser leur stratégie de prévention et de riposte.
Organisée à l’initiative de la Commission de la CEMAC, cette concertation de haut niveau, tenue en format hybride depuis Brazzaville, a réuni les principaux responsables sanitaires de la sous-région, parmi lesquels le Dr MANAOUDA Malachie, Ministre de la Santé Publique du Cameroun.
Une menace prise très au sérieux
Si aucun cas n’est à ce jour signalé dans les pays de la CEMAC, la proximité géographique avec les foyers épidémiques, les échanges transfrontaliers et la mobilité des populations imposent une vigilance accrue.
Classée Urgence de Santé Publique de Portée Continentale par Africa CDC puis Urgence de Santé Publique de Portée Internationale par l’Organisation mondiale de la Santé, cette flambée d’Ebola rappelle que les maladies émergentes demeurent un défi majeur pour les systèmes de santé africains.
Au cours des travaux, les Ministres ont examiné les conclusions des experts réunis la veille afin d’évaluer le niveau de préparation des pays et d’identifier les actions prioritaires à engager.
Une réponse coordonnée autour de l’approche « Une Seule Santé »
Conscients qu’aucun pays ne peut faire face seul à une menace sanitaire de cette ampleur, les participants ont adopté une feuille de route régionale basée sur l’approche « Une Seule Santé » (One Health), qui reconnaît les liens entre la santé humaine, animale et environnementale.
La stratégie prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique aux frontières, la mutualisation des capacités de diagnostic, l’amélioration du partage des données sanitaires ainsi que le prépositionnement de stocks d’urgence dans les zones les plus exposées.
Prenant la parole au cours des échanges, le Dr MANAOUDA Malachie a souligné l’importance d’une coopération étroite entre les pays de la sous-région et les institutions internationales spécialisées. Le Ministre camerounais de la Santé Publique a exhorté ses homologues à maintenir un contact permanent avec les partenaires techniques mondiaux et continentaux, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Africa CDC, afin de garantir une surveillance efficace de la situation épidémiologique et une riposte fondée sur les meilleures pratiques et l’expertise scientifique disponible. Pour lui, la rapidité du partage d’informations et l’accès à l’expertise internationale constituent des leviers essentiels pour anticiper et contenir toute propagation éventuelle de la maladie dans l’espace communautaire.
Placer les communautés au cœur de la riposte
Outre les aspects techniques, les Ministres ont insisté sur l’importance de la communication sur les risques et de l’engagement communautaire. L’expérience des précédentes épidémies a démontré que la confiance des populations, l’accès à une information fiable et l’adhésion aux mesures de prévention sont essentiels pour contenir rapidement toute flambée.
Les États membres se sont également engagés à renforcer la protection des personnels de santé, à accélérer l’opérationnalisation des Centres des Opérations d’Urgence de Santé Publique et à mobiliser les ressources nécessaires pour garantir une réponse efficace en cas d’alerte.
Une solidarité régionale réaffirmée
Les travaux se sont achevés par l’adoption de la Déclaration de Brazzaville, par laquelle les Ministres de la Santé de la CEMAC réaffirment leur volonté d’agir de manière concertée pour protéger les populations de la sous-région.
Dans un contexte où les crises sanitaires ignorent les frontières, cette mobilisation collective traduit la détermination des États d’Afrique centrale à faire de la coopération régionale un rempart contre les menaces émergentes. Un signal fort de leur volonté de placer la sécurité sanitaire au cœur des priorités de développement et de protection des populations.
Par Clavère NKEN
Chef de la Cellule de Communication Ministère de la Santé Publique
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.