
Genève, jeudi 5 février 2026 à la tribune de la 158ᵉ session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Cameroun s’est illustré par une prise de parole dense et structurée, fidèle à sa diplomatie sanitaire proactive. Face aux grands défis contemporains des systèmes de santé, la délégation camerounaise a porté une vision résolument humaine et inclusive, articulée autour du renforcement de la réadaptation, de la promotion du bien-être, de l’économie de la santé, mais aussi de la protection des peuples autochtones et de la nutrition maternelle et infantile.
Une voix alignée avec la Région africaine
Sur plusieurs points inscrits à l’ordre du jour, le Cameroun s’est aligné sur les déclarations de la Région africaine. Il a salué la qualité du rapport présenté par le Directeur général de l’OMS et pris acte des avancées enregistrées dans des domaines aussi stratégiques que la réadaptation, le bien-être, l’économie de la santé, la santé des peuples autochtones et la nutrition de la mère, du nourrisson et du jeune enfant.
Réadaptation : consolider les acquis pour répondre à une demande croissante
La Région africaine a franchi une étape majeure avec l’adoption d’une stratégie régionale de réadaptation, ayant permis l’élaboration de plans nationaux. Toutefois, l’accessibilité à ces services demeure insuffisante, dans un contexte marqué par la forte progression des maladies non transmissibles. Le Cameroun a ainsi plaidé pour un renforcement des financements et une meilleure appropriation de cette stratégie par les États, afin de répondre efficacement aux besoins réels des populations.
Bien-être et santé mentale : le “ventre mou” des systèmes de santé
Abordant la promotion du bien-être, le Cameroun a attiré l’attention du Conseil sur l’ampleur croissante des phénomènes d’isolement social et de solitude, dont les taux les plus élevés sont enregistrés en Afrique, avec près de 24 %. Ces réalités constituent des signaux forts des défis liés à la santé mentale, souvent reléguée au second plan dans les politiques publiques. Face à cette urgence silencieuse, le Cameroun a encouragé le développement d’approches locales, culturellement acceptables et multisectorielles, pour promouvoir durablement la santé mentale et le bien-être collectif.
Peuples autochtones : une approche fondée sur l’équité et le respect des cultures
S’exprimant sur le projet de plan d’action mondial pour les peuples autochtones, le Cameroun a rappelé que, conformément à la Charte des Nations Unies, la santé est un droit universel et immuable, indissociable du respect des cultures de santé. Le pays a mis en avant une avancée majeure : l’adoption récente d’une loi spécifique sur la médecine traditionnelle, promulguée par le Chef de l’État. Cette législation traduit la volonté du Cameroun de structurer et valoriser son riche patrimoine médical, en tenant compte des réalités locales et des besoins spécifiques des populations autochtones. Le Cameroun a plaidé pour l’élaboration de cadres réglementaires favorables à l’équité sociale et à la pleine prise en compte des enjeux sanitaires propres à ces communautés.
Nutrition maternelle et infantile : une urgence silencieuse en Afrique
Sur la nutrition de la femme, du nourrisson et du jeune enfant, le constat demeure préoccupant. Malgré les efforts engagés, les taux de retard de croissance, d’anémie et de carences en micronutriments restent élevés en Afrique, en raison notamment de la faible couverture des interventions nutritionnelles. Le Cameroun a souligné la nécessité de renforcer les financements dédiés aux innovations locales en alimentation maternelle et infantile, tout en appelant à un meilleur alignement entre les politiques de nutrition, d’éducation, de protection sociale et d’intégration communautaire.
Économie de la santé : financer durablement l’accès universel
Enfin, sur le volet de l’économie de la santé, le Cameroun a rappelé que plus de la moitié de la population mondiale n’a toujours pas accès aux services de santé essentiels, et qu’une personne sur quatre est confrontée à des difficultés financières liées aux dépenses de santé. Pour y faire face, il a plaidé pour un engagement plus fort des États en faveur de la mobilisation des ressources domestiques, à travers des réformes fiscales, la décentralisation et des partenariats public-privé au service du financement de la santé.
Un engagement constant aux côtés de l’OMS
En conclusion, le Cameroun a pris note des différents rapports, réaffirmé son plein soutien aux orientations stratégiques de l’OMS et renouvelé son engagement à accompagner la mise en œuvre des programmes de santé. Une position qui confirme la cohérence et la constance de la diplomatie sanitaire camerounaise, au service de systèmes de santé plus équitables, résilients et respectueux des diversités humaines.
Cl
avère NKEN, Chef CELCOM MINSANTÉ
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.