
Le Cameroun se dote de nouveaux instruments pour renforcer la recherche en santé et mieux intégrer les connaissances produites dans la prise de décision. Présentés ce mardi 1er septembre 2026 à Yaoundé, le Plan stratégique national de la recherche en santé (PSNRS) 2026-2030 et le Centre de documentation numérique du secteur santé (CDNSS) marquent une nouvelle étape dans la consolidation d’un système de santé davantage fondé sur les données, la connaissance et l’innovation.
À travers le PSNRS 2026-2030, le Gouvernement entend faire de la recherche un véritable outil d’aide à la décision et d’amélioration de l’action sanitaire. L’enjeu n’est plus seulement de produire des connaissances, mais de veiller à leur utilisation concrète dans la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques. Pour sa mise en œuvre sur les cinq prochaines années, le Plan bénéficie d’un budget estimatif de 2,533 milliards de FCFA. Il s’articule notamment autour du renforcement de la gouvernance et de l’éthique de la recherche, de l’utilisation des données probantes dans la décision, de l’institutionnalisation d’une culture de recherche dans le système de santé et de la mobilisation durable des financements.
L’une des orientations majeures portées par le Plan réside dans la territorialisation de la recherche en santé. La recherche ne devra plus être pensée uniquement depuis les administrations centrales, les universités ou les instituts spécialisés. Elle devra également partir des réalités observées dans les régions, les districts de santé, les formations sanitaires et les communautés. Le District de Santé est ainsi appelé à devenir un espace d’observation, d’innovation, d’apprentissage et de recherche opérationnelle. Cette approche doit permettre de mieux comprendre les disparités territoriales, les difficultés d’accès aux services essentiels ou encore les différences d’efficacité de certaines interventions et innovations selon les contextes.
Autre temps fort de la cérémonie, le lancement officiel du Centre de documentation numérique du secteur santé. Consultable à l'adresse cdnss-minsante.cm, cette bibliothèque virtuelle entend répondre à la nécessité de mieux organiser et valoriser les nombreuses ressources documentaires produites par le système de santé camerounais.
Rapports, études, documents techniques et autres productions scientifiques sont désormais appelés à être davantage centralisés, préservés, organisés et rendus accessibles. Le CDNSS ambitionne ainsi de faciliter l’accès à l’information pour les professionnels de santé, les chercheurs, les décideurs et les autres acteurs du secteur, quel que soit leur niveau dans le système de santé.
La réussite de ces deux instruments reposera désormais sur leur appropriation par l’ensemble des parties prenantes, chacun dans le domaine qui le concerne. Il s'agit notamment des responsables du Ministère de la Santé publique, ses universitaires, des chercheurs, des partenaires techniques et financiers...
Parlant au nom du chef de département, le Pr Louis Richard NJOCK, Secrétaire Général du Minsanté a réaffirmé la volonté du Gouvernement de renforcer la collaboration avec les partenaires techniques et financiers autour de l’alignement sur les priorités nationales, du développement des capacités nationales et de la durabilité des investissements. Une reconnaissance particulière a été adressée à Vital Strategies pour son accompagnement dans le renforcement des capacités de production et d’utilisation des données et des connaissances.
Avec le lancement du CDNSS et l’entrée en phase de mise en œuvre du PSNRS 2026-2030, le Cameroun entend ainsi installer progressivement une culture de décision éclairée par les données, de recherche orientée vers les priorités nationales, de partage des connaissances et d’innovation. Une dynamique appelée à contribuer durablement à l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des interventions de santé.
OROCK Audrey / MINSANTE-Celcom
la santé, un avenir prometteur.
la vision de développement à long terme du Gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations.