Afrique Centrale : Synergie contre les faux médicaments /

Afrique Centrale : Synergie contre les faux médicaments

Publié le 27 Jun 2016  

Le Ministre de la Santé Publique, représentant du Premier Ministre  Chef du Gouvernement, a présidé le 24 juin 2016 à l’Hôtel Sawa de Douala, la conférence des ministres en charge de la santé des pays de la Cemac

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Pharmaceutique Commune des pays de la CEMAC, adoptée en 2013 par les Chefs d’Etat de la Communauté, l’OCEAC en collaboration avec le Ministère de la santé publique du Cameroun, sous un appui multiforme des partenaires, a organisé du 21 au 23 juin 2016 à Douala, Cameroun, une conférence des Ministres en charge de la santé des pays de la CEMAC sous le  thème : « lutte coordonnée contre les faux médicaments et les circuits illicites des médicaments en Afrique centrale ». Il s'agit en d'autres termes de mettre sur pied une stratégie de lutte commune.
 

Selon l’OMS, 15% des médicaments en circulation dans le monde seraient des faux, de 30 à 70 % selon les pays d’Afrique, et près de 60 % de ceux vendus sur Internet. Le danger de ces médicaments falsifiés est double : le malade ne reçoit pas la bonne dose de substance active, voire aucune, alors qu’il pense se soigner et le médicament peut contenir des substances toxiques. On y trouve de tout : farine, sucre, ciment, antigel, et même peinture (par exemple bleu, pour donner la couleur du viagra)… L'Afrique consomme 40% de la production mondiale des faux médicaments. Ces produits sont vendus dans les rues et marchés. En 2013, 700.000 décès dans le monde étaient dus à de faux anti-tuberculeux et antipaludiques. En outre, de faux antipaludéens avaient tué au moins 120.000 enfants africains en 2013 et dans les hôpitaux, certaines insuffisances rénales sont causées par la consommation de médicaments falsifiés.

Experts, membres de la société civile, laboratoires pharmaceutiques, partenaires techniques et financiers ont pendant deux jours, tabler sur deux textes. Le projet d'analyse de la situation de la lutte contre les faux médicaments et la vente illicite dans les pays de la CEMAC ; et le projet de plan opérationnel d'action de lutte. Ces documents ont été soumis pour adoption aux ministres en charge de la santé de la CEMAC lors de la conférence le 24 juin 2016.
 

Dans son discours d’ouverture des travaux, André Mama Fouda a rappelé que « lors de sa 13ème session tenue en février 2005 à Libreville, le conseil des ministres de la Cemac a donné mandat à son organisme chargé des questions de santé publique, l’Oceac, de conduire le processus d’harmonisation des politiques pharmaceutiques nationales en Afrique centrale ». L’objectif de ces assises est donc « de rendre opérationnelles et performantes les administrations centrales des services pharmaceutiques dans les pays de la zone Cemac. Pour atteindre cet objectif, les Etats membres de la Cemac se sont engagés à mettre en place des directions ou des directions générales des pharmacies dotées de moyens humains, matériels et financiers conséquents pour leur permettre de remplir leurs missions ».

Pour le Dr. Jean-Baptiste Roungou, représentant de l'OMS, « ce trafic est un triple crime. Un crime de sang, car il tue, un crime économique, plusieurs milliards étant empochés par les trafiquants au détriment de la population, et un crime contre les efforts de la science ».

Les participants aux assises de Douala sont invités à mettre en place des instances professionnelles fonctionnelles (ordres, syndicats et associations) chargées de veiller au respect de l’éthique et de la déontologie pharmaceutiques, de l’indépendance et de la défense des intérêts de la profession. Au terme de cette conférence une déclaration commune pour le renforcement de l'engagement des pays membres dans la lutte contre les faux médicaments et la vente illicite des médicaments a été signée.
 

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